Et si la performance en entreprise passait aussi par le sport ?
- Matthias Derolez

- 11 nov.
- 3 min de lecture
En Belgique, quatre adultes sur dix ne bougent pas assez, selon les dernières données de l’OMS. Pourtant, le sport en entreprise s’impose peu à peu comme un véritable levier de bien-être, de cohésion et de performance durable.

Longtemps cantonné aux salles de sport ou aux résolutions de janvier, l’exercice physique s’invite désormais dans les bureaux. Et si c’était là l’une des clés d’une entreprise plus saine, plus soudée et plus performante ?
Un constat préoccupant : la sédentarité progresse
En moyenne, un employé belge reste assis plus de six heures par jour, souvent devant un écran. Cette inactivité prolongée accroît le risque de maladies cardiovasculaires, de diabète, mais aussi de douleurs dorsales et de dégénérescence musculaire, selon les dernières études de l’Organisation mondiale de la Santé. La Belgique figure ainsi parmi les pays européens les plus sédentaires, un constat qui interroge notre rapport au travail… et à la santé.
Quand bouger devient un investissement
L’OMS recommande au moins 150 minutes d’activité modérée par semaine, soit environ 30 minutes par jour. Une habitude simple, mais qui réduit significativement les risques de maladie et améliore la concentration, la créativité et le moral des équipes. Et plusieurs pays nordiques l’ont bien compris : le sport fait déjà partie intégrante de la culture d’entreprise. Au Danemark, certaines structures offrent à leurs salariés une heure hebdomadaire dédiée à l’activité physique. Résultat : un taux d’absentéisme en baisse de 20 %. La Suède propose jusqu’à 500€ défiscalisés à chaque salarié pour financer des activités sportives ou bien-être. Ces initiatives partent d’un même principe : un salarié en meilleure santé est plus concentré, plus stable émotionnellement, et moins sujet à l’absentéisme.
Le sport, catalyseur de cohésion
Loin d’être un simple “plus” bien-être, le sport agit comme un véritable outil de prévention du stress, du burn-out et des douleurs liées à la sédentarité. Pratiqué collectivement, il favorise la communication et la solidarité, des bénéfices qui contribuent aussi à un meilleur climat de travail.
Comme le rappelait récemment Jean-Olivier Collinet de JobYourself dans les colonnes de la RTBF :
« La vraie voie, c’est de rendre le sport désirable plutôt qu’obligatoire. Donner du temps et des moyens pour bouger, c’est déjà un acte de prévention. »
Cette approche s’inscrit dans une logique plus large : la santé des collaborateurs relève aussi de la responsabilité de l’employeur. En Belgique, il lui incombe d’assurer la sécurité et le bien-être de ses équipes, y compris en télétravail.
Des solutions concrètes à portée de main
Certaines entreprises belges ont déjà franchi le pas, en collaborant avec des coachs sportifs spécialisés dans le bien-être au travail. Ces professionnels conçoivent des séances sur mesure : échauffements matinaux, renforcement du dos, ateliers respiration ou team building sportifs pour renforcer la cohésion.Ces activités ne demandent pas forcément de gros moyens, mais une vraie volonté de placer la santé au cœur de la culture d’entreprise. Le sport devient alors un langage commun, accessible à tous les collaborateurs, quel que soit leur niveau.
Le sport en entreprise n’est pas une mode, mais une réponse de santé publique à un mode de vie de plus en plus sédentaire. Donner la possibilité de bouger, c’est protéger la santé des salariés avant qu’elle ne se dégrade. Et si, à terme, la véritable performance d’une entreprise se mesurait à la vitalité de celles et ceux qui la font vivre ?


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